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La France va créer 8 " méga Campus " universitaires de rang mondial

La France a choisi ses futurs campus universitaires et de recherche "de rang mondial" avec la sélection vendredi de cinq lauréats, en plus des trois déjà connus, dans le cadre de l'appel à projet phare du grand emprunt, les "Initiatives d'excellence" (Idex). Aix-Marseille, Toulouse, les pôles parisiens "Sorbonne Universités" (Paris-2, 4 et 6) et "Sorbonne Paris Cité" (Paris-3, 5, 7, 13 et Sciences Po Paris notamment), ainsi que le campus de Saclay (sud-ouest de Paris) ont vu leurs projets retenus lors de la seconde vague des "Idex", a annoncé vendredi à Bordeaux le Premier ministre François Fillon. Avec Bordeaux, Strasbourg et "Paris Sciences et Lettres" (PSL, qui regroupe Normale Sup, le Collège de France et l'université Paris-Dauphine notamment), déjà lauréats, ils vont former des "pôles pluridisciplinaires d'excellence de rang mondial", susceptibles "d'attirer les meilleurs étudiants, les professeurs et chercheurs les plus reconnus", a expliqué le chef du gouvernement. Pour cela vont leur être répartis les 7,7 milliards d'euros du grand emprunt prévus pour les Idex, sur lesquels il a déjà été promis environ 700 millions d'euros à chacun des trois premiers lauréats. Importantes, ces sommes sont cependant surtout des dotations en capital, qui seront versées après "une phase probatoire de quatre ans", si les objectifs sont "atteints". Ainsi, lauréats depuis juillet 2011, Bordeaux, PSL et Strasbourg n'ont à ce stade reçu que 10 millions d'euros chacun pour engager leurs premières actions (rapprochements entre institutions, formations, chaires). Le jury international qui a fait la sélection a recalé cette semaine quatre projets: Grenoble, Lyon/Saint-Etienne, "Lorraine" et le pôle parisien "Hesam" (constitué notamment du Cnam, de l'EHESS et de l'ESCP Europe). Les refus de Lyon, alors que Rhône-Alpes constitue le deuxième potentiel de recherche du pays derrière l'Ile-de-France, et du pôle Hesam, qui proposait un solide projet en sciences humaines et sociales (SHS), sont les grandes surprises. Le Premier ministre a d'ailleurs annoncé que le ministre de l'Enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, et René Ricol, chargé du grand emprunt, allaient recevoir leurs dirigeants pour "voir comment les accompagner", car ces projets "méritent d'être financés". Il est vrai que le processus de sélection choisi était une façon d'encourager les regroupements universitaires, et même les non lauréats sont susceptibles de poursuivre leurs projets de rapprochement. L'objectif à terme, pour le gouvernement, est de faire gagner des places aux établissements français dans les classements internationaux. Composé d'écoles prestigieuses (Centrale, HEC, Polytechnique) et du premier établissement français au classement de Shanghai 2011 (l'université Paris-Sud Orsay, à la 40e place), le futur "campus de Saclay" est le plus à même d'entrer à l'avenir dans le top 10 ou 15 de Shanghai. Recalé une première fois par le jury, il a présenté cette fois une gouvernance plus resserrée, mettant de côté les querelles d'egos. Reste que ce type de sélection a été très critiqué dans le supérieur pour son risque de créer "un système à deux vitesses". Cette crainte a de nouveau été relayée vendredi par le président (PS) de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon. "Les Idex ne doivent pas être des îlots de prospérité dans un désert, elles doivent irriguer toute la communauté universitaire", a d'ailleurs prévenu Louis Vogel, président de la Conférence des présidents d'université (CPU).  

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MSF accable la " nouvelle Libye".

Médecins sans Frontières, Amnesty International, même théâtres d'opération, même combat, et en l'occurrence même constat accablant au sujet de la Libye, dont la foudroyante croisade occidentale devait briser toutes les chaînes, et qui, livrée à elle-même, se retrouve prisonnière de la barbarie à visage humain. Libérée, la Libye ? A en juger par le chaos qui y règne, et la torture qui sévit de plus belle, il semble bien qu'elle ait troqué ses fers d'hier contre d'autres plus répressifs encore. A quand le TPI pour BHL ? Le nouveau gouvernement libyen peut toujours se draper dans une respectabilité immaculée, son autorité morale est souillée par les révélations des atrocités commises sur des prisonniers, anciens partisans de Kadhafi, dont plusieurs ont été torturés à mort. C'est au tour de Médecins sans Frontières (MSF) de s'en faire l'écho, après avoir soudainement mis un terme à sa mission dans la ville de Misrata, quand des hauts fonctionnaires libyens l'ont approché pour soigner des détenus, victimes de sévices, afin de leur permettre de poursuivre leurs interrogatoires musclés sur certains d'entre eux. La sonnette d'alarme a été tirée par les ONG, comme le relate le journal britannique The Independent, n'ayant de cesse d'alerter  sur les nombreuses violations des droits de l'homme perpétrées par les collectivités locales, qui ont reçu la torture en héritage, et la perpétuent par habitude. Ainsi, les Africains subsahariens, accusés d'être des mercenaires pendant le conflit, sont particulièrement dans la ligne de mire du pouvoir. MSF a, pour sa part, traité 115 individus dont les blessures portaient les stigmates de terribles supplices, tous ayant fait l'objet d'un rapport circonstancié transmis aux autorités libyennes. Depuis janvier, des patients remis aux centres d'interrogatoires ont été de nouveau martyrisés, à la consternation des représentants de MSF : « Quelques officiels ont cherché à exploiter et à entraver le travail médical de MSF » a vivement déploré Christopher Stokes, directeur général de l'organisation,  avant de s'indigner : « les patients nous été amenés pour bénéficier de soins médicaux entre deux séances d'interrogatoires, pour qu'ils soient de nouveau sur pied et en subir d'autres. Ceci est inacceptable. » Le représentant des Nations Unies en Libye, Ian Martin, hausse le ton également  pour dénoncer une hémorragie de violences : « L'ancien régime a certes été renversé, mais pour autant la réalité à laquelle est confrontée la population reste effroyable, et  profondément enracinée dans un lourd héritage » a-t-il déclaré. De son côté, le ministère des Affaires étrangères anglais exige que le Conseil National de Transition libyen se penche urgemment sur les rapports alarmants de MSF : « Les faits relatés par MSF sont choquants, et il incombe aux autorités libyennes d'examiner les lourdes allégations qui pèsent contre elles. Nous condamnons toutes  les violations des droits de l'Homme, et nous insistons sur le fait que le gouvernement transitoire doit se conformer aux règles internationales en vigueur et rompre définitivement avec le passé »  a indiqué un porte-parole officiel. Les Zorros du nouvel ordre mondial ont fait de l'élimination du colonel enturbanné, Mouammar Kadhafi, un casus belli, sous l'oriflamme de la " guerre humanitaire ", un concept belliqueux à l'oxymore retentissant, mais qui n'a choqué ni les antichambres du pouvoir, ni ému dans les chaumières... Les conséquences désastreuses de leurs hauts faits d'armes sauront-elles à tout le moins éveiller les consciences internationales ?  

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Des milliers de personne ont fui les affrontements au Nord du Mali.

Près de 10 000 Maliens et Nigériens ont fui les combats qui se sont déroulés ces derniers jours entre l'armée malienne et des groupes armés dans le nord du Mali, a annoncé vendredi 3 février le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Dans un communiqué, le CICR indique que " ces personnes ont trouvé refuge au Niger, dans le nord de la région de Tillabéry, à proximité de la frontière. Leurs conditions de vie sont extrêmement précaires. Certaines d'entre elles ont pu êtrehébergées par les villageois, mais les capacités locales ayant été très vite absorbées, de nombreux autres déplacés ont dû ériger des camps de fortune à la lisière des villages ". Le CICR, en collaboration avec la Croix-Rouge nigérienne, se prépare à distribuer des vivres et des bâches, des couvertures, du matériel de cuisine et des articles d'hygiène. L'afflux de ces populations déplacées va " fragiliser encore plus le nord de la région de Tillabéry ", une zone désertique identifiée par le gouvernement nigérien comme étant la plus durement frappée par la crise alimentaire de cette année, estime le CICR. Depuis le 17 janvier, le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et d'autres rebelles touaregs mènent dans le nord malien une offensive qui a conduit à l'exode de milliers de personnes, réfugiées notamment dans des campements au Mali et en Mauritanie. Vendredi, les autorités maliennes ont tenté de calmer la colère de la population. Après les avoir déjà entendues jeudi, le président malien Amadou Toumani Touré a de nouveau reçu vendredi des femmes inquiètes du sort de leurs maris soldats qui combattent les rebelles, dénonçant une " désinformation " qui a  envenimé la situation. Les femmes et proches des militaires dénoncent le silence sur leur situation et la " mollesse du pouvoir " face aux rebelles touaregs qui, depuis la mi-janvier, ont lancé une offensive dans le nord du Mali, en y attaquant plusieurs villes.  

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Au Nigeria, la hausse du prix de l'essence se répercute partout

Lukman Ayodeji gagne sa vie en gonflant des pneus avec sa pompe alimentée par un générateur, indispensable au Nigeria où l'électricité fait cruellement défaut. La récente hausse du prix de l'essence pèse sur ses activités comme sur celles de tant d'autres. La brusque suppression, le 1er janvier, des subventions sur les prix du carburant par le gouvernement a entraîné une montée en flèche des tarifs à la pompe, et le litre d'essence est désormais environ 50% plus cher qu'avant la mesure. Lukman, qui travaille sur le grand marché d'Oshodi, à Lagos la capitale économique, dépense plus pour son générateur et a tenté de répercuter la hausse sur ses tarifs. Mais les clients n'apprécient guère. "Les affaires ne vont pas comme il faut", soupire l'homme de 40 ans, expliquant que les clients ne cessent d'essayer des réductions. L'annonce du 1er janvier avait suscité une vive colère à travers le pays qui avait été paralysé par une grève générale de huit jours tandis que des dizaines de milliers de Nigérians étaient descendus dans la rue, pour protester. Un mois plus tard, et après avoir obtenu du président une concession - le litre d'essence avait dans un premier temps plus que doublé - ils doivent désormais composer avec cette nouvelle réalité. Le gouvernement, qui a affirmé dépenser 8 milliards de dollars annuellement pour les subventions, a promis d'investir cet argent dans des projets d'infrastructures notamment. Beaucoup doutent que ces promesses seront tenues. Situation intenable Le Nigeria est gangréné par la corruption qui entrave largement son développement et la majorité de ses 160 millions d'habitants vit avec moins de deux dollars par jour. Le pays, premier producteur de pétrole d'Afrique, importe, paradoxalement, le gros de sa consommation de carburant car ses raffineries sont en très mauvais état. Sur le marché d'Oshodi, Ola Ebiola vend des sachets d'eau potable, fraîche grâce à son réfrigérateur. Elle aussi a un petit générateur qui lui revient désormais plus cher. Elle a augmenté ses prix mais doit souvent faire machine arrière. "Les gens se plaignent!", dit-elle. Certains jugent que la situation n'est pas tenable et prédisent de nouveaux troubles. "Il n'est pas possible pour un travailleur moyen de joindre les deux bouts à 97 naira" le litre d'essence (0,47 euro), estime Abiodun Aremu, secrétaire général du Joint Action Front, un groupe de la société civile qui a organisé de nombreuses marches durant la grève générale. "La perspective d'un soulèvement massif est bien là", prévient-il. Vers de nouvelles mobilisations ? Des activistes, sur la toile notamment, ont de leur côté averti qu'ils surveillaient de près les dépenses les gouvernementales. Le mouvement Enough is enough (Trop c'est trop), également à l'initiative de nombreux rassemblements durant la grève, a ainsi entrepris de tenir un décompte sur son site internet des sommes économisées par les autorités depuis le 1er janvier. L'un de ses membres, Jide Aluko, explique que le groupe n'est pas forcément opposé à la fin des subventions. Beaucoup s'accordent pour affirmer que le programme était inefficace et cible d'énormes abus. "Ce que nous disons, c'est, « d'accord, maintenant que vous avez partiellement supprimé les subventions, vous disposez d'un certain montant à dépenser pour ces choses que vous avez promises »", dit-il. "Nous voulons savoir (...) combien vous allez investir dans ces choses". Le Joint Action Front et Enough is Enough ont averti qu'ils mobiliseraient à nouveau les foules pour manifester et réclamer une baisse du prix de l'essence ou pour faire reculer la corruption. Ayodeji, le gonfleur de pneus, ne se fait toutefois pas beaucoup d'illusions. "Les prix ne vont pas baisser, nous devons faire face", dit-il, exprimant un sentiment partagé par beaucoup de vendeurs à Oshodi.